Reconversion professionnelle

J’ai déjeuné hier avec mes 2 anciennes « binômes » de pâtisserie ( à la fin on était plus trinôme que binôme vu la masse de travail demandé). J’étais contente de les voir physiquement même si on se parle et s ‘écrit régulièrement.

La vie est une pochette surprise qui nous permet de rencontrer des gens formidables pour peu qu’on se donne le temps et la peine de connaître ces hommes et femmes qui croissent nos chemins. C’est ainsi que j’ai fait connaissance d’une ancienne DA (directrice artistique) et une ancienne laborantine (des gens de tout horizon professionnel et tout âge dans une même session). On peut se demander pourquoi ces gens sont là alors qu’ils ont un métier qui ne manque pas d’attraits. Or la réalité est tout autre, il semblerait qu’on est tous à la poursuit d’un idéal professionnel. L’argent on en a certes besoin pour vivre mais l’argent ne fait pas tout. Le bien être est primordial. Si on veut aller loin il faut ménager sa monture. Les filles (et les autres) ont entamé la reconversion avec pleins espoirs (et d’entrains).

Nous avons « bavé » pendant notre formation et décroché le diplôme tant rêvé après des mois d’efforts. Mais ce n’est rien à côté de ce qui nous attendait. Faire table rase de sa vie professionnelle antérieure passés 25 ans (et plus) c’est l’enfer. Avec zéro année d’expérience professionnelle (dans le nouvel métier) + handicap de l’âge (+30 ans on n’est plus endurant – il paraît- )+ une vie de famille (mère et femme : double handicaps) +…Pourtant on est prêt à accepter un boulot de +40 h/semaine, sacrifier week ends et jours fériés, travailler à des heures décalées (ex 4h du matin) pour un smic mais rares sont les employeurs qui nous embauchent ou ils nous embauchent puis nous débauchent parce qu’on n’est pas assez rapide ou assez bon (normal sinon on ne sera pas débutant). Sur 24 élèves reconvertis moins le moitié peut vivre avec le « nouveau » métier (je surévalue le nombre)

Oui la pâtisserie est un beau métier : les médias, les grands chefs pâtissiers élevés au rang des « artistes », le luxe, la beauté, la société ont beaucoup contribué aux rayonnements de ce métier de bouche. Mais tout ce qui brille n’est pas de l’or aussi il nous faut apprendre à vivre avec ce qu’on a. Si l’aventure vous tente, sachez que c’est un chemin de croix qu’il vous attend. Vous n’avez pratiquement qu’un choix : monter votre propre affaire à court et moyen terme si vous voulez vivre avec ce métier. Il y a beaucoup d’appelés mais peu élus : il y a tellement de (boulangerie) pâtisseries en France qu’on peut se demander comment ils font pour vivre autant plus que les Français ne mangent qu’occasionnellement les pâtisseries ( 1 fois/semaine au mieux). Sans parler que les pâtisseries industrielles sont bien moins chères que celles des artisans et les gens dépensent de moins ne moins pour manger.

Je ne suis pas entrain de vous décourager mais mets en lumière les côtés peu reluisants de ce métier. Personnellement, je suis contente d’avoir fait cette formation car j’ai enfin pu choisir ce dont j’ai envie d’apprendre (même si à ce jour je ne peux toujours pas vivre avec). Pour terminer sachez que le client est roi, on n’est là que parce qu’il existe. Les envies de grandeurs (créations, renommé, reconnaissance…) on fait le deuil dès le début sinon on n’en sortira pas. Il faut une vie entière pour construire une réputation et une minute (voir une seconde) pour la détruire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Les nouveautés

myAvatar-3comment réagissez vous face à des nouveautés ? Je parle de nouveautés culinaires plus spécialement pâtissiers.

Au cours du SPI (stage de préparation de l’installation) à la CMA (chambre des métiers et de l’artisanat), j’ai sympathisé avec mon voisin Hermès chef pâtissier (ce n’est pas le seul car je ne suis pas sectaire). On a parlé (quand on pouvait) « boutique ».

Moi je mettais sur le compte « différence culturelle » ma difficulté à faire accepter la pâtisserie française (mis à part des éclairs, choux fourrés et macarons) aux Ankariotes, je trompais partiellement.

Il semblerait que nous ne sommes guère différents des Turcs : l’acception des nouveautés ne coule pas de source. Hermès et son équipe introduisent avec en douceur chaque nouvelle création afin ne pas « brusquer » leur clientèle habituelle.

J’en viens à conduire : il existe un »fossé » entre le pâtissier et son client. Le client table sur les valeurs sûres (les classiques de la pâtisserie française) parce que le choix d’un nouveauté (moyennant  finance) risque ne pas être à la hauteur de son attente et le pâtissier cherche à faire des nouveautés pour rompre avec son quotidien ou/et trouver « the » création qui rendra riche et célèbre. Il est difficile de réconcilier ces deux parties.

Personnellement j’ai une tendance à aller vers l »inconnu » car la vie est trop courte pour ne pas goûter aux nouveautés. Il va de soi que ma curiosité me fait regretter plus d’une fois mais elle me permet aussi de faire de jolies découvertes qui mènent à d’autres…

Et vous ?

Pensez vous que l’âge, le genre, l’éducation, la personnalité…ont quelque chose à avoir avec ça ?

 

Le 14 février, Saint Valentin

fleurs d'oranger fleurs d'oranger

Fleurs d’oranger…petite anecdote concernant ces petites fleurs : j’ai découvert à l’odeur de leur parfum mon erreur d’achat : je voulais un citronnier mais je me suis retrouvée avec un oranger. Son parfum est aussi délicate que la fleur….

 

 

« La fleur d’oranger (néroli) ou fleur d’oranger amer est la fleur blanche parfumée du bigaradier (Citrus aurantium L.).

Son origine est incertaine : de Chine, indiqueront certains ; d’Inde, affirmeront d’autres. Mais tous s’accorderont à dire que les doux baisers parfumés de l’air ayant effleuré la fleur d’oranger, et l’extrême blancheur de ses pétales, enivrent les sens depuis l’Antiquité[style à revoir], où elle ornait traditionnellement les couronnes des jeunes mariées. L’engouement pour cette fleur gagna l’Arabie. Dès lors, elle suivit l’expansion de l’empire islamique et s’implanta dans tout le pourtour méditerranéen et l’Espagne. Le reste de l’Europe ne la découvrit qu’à partir du xie siècle, où elle fut introduite en Sicile puis en Provence par les Croisés.

À la fin du xviie, Anne-Marie Orsini, coquette et mondaine duchesse de Braccio, princesse de Néroli l’utilisa pour parfumer à la fois ses effets et son bain[réf. souhaitée] » (Wikipédia)

Nota bene : Turquie est un pays d’agrumes, on y trouve des fruits excellents (juteux et sucrés) mais on ne trouve pas de l’eau de fleurs d’oranger (à moins que je ne sais pas où les chercher). C’est bien dommage car elle a plein de vertus..

Ayez pitié d’un p’tit pâtissier (comptine)

ayez pitié d’un p’tit pâtissier

Les paroles de la comptine : 

Ayez pitié dWP_20151231_006‘un p’tit pâtissier
Dont l’amour se perd
Ainsi qu’un éclair
J’lui ai offert un Saint-Honoré
J’en suis tout baba
Car elle s’en moqua!
J’ai tant de peine
Que j’pleure comme une madeleine
Car je l’aime comme un chou à la crème
Si mon amour va, toujours vaillant
J’finirai mes jours dans un puit d’amour!

Fait maison ou DIY (do it yourself)

Lorsqu’on est à l’étranger, pâtissier relève du défi car on ne peut pas trouver tous les ingrédients qui composent une recette. Aussi on fait avec les moyens du bord…

On découvre par exemple au pays des fruits secs, la Turquie (pays exportateur et les turcs grands consommateurs) qu’on ne peut pas trouver de pâte d’amande (à moins que je ne sache pas où la trouver..)

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Bourriquet aux normes HACCP

 

alors qu’on trouve des amandes entières, des brisures d’amandes, de la poudre d’amande.

Dans le même ordre d’idée, on ne trouve pas de la semoule (bien qu’elle soit faite à partir du blé dur) mais uniquement du boulghour de différentes grosseurs. Le plus fin sert à l’élaboration d’un dessert. Pas de gâteau de semoule possible.

Idem pour le fondant pâtissier ou le praliné. Aussi on remue ciel et terre (j’exagère beaucoup) pour trouver la ou les recettes pour faire de la pâte d’amande, du fondant ou du praliné maison…Les résultats ne sont pas toujours probants mais on se couche toujours moins bête que la veille ! A cela, on peut ajouter « c’est moi qui l’a fait ! ».